lundi 26 janvier 2015

97-"Ce n'est plus mon problème"



En pleine nuit, alors que je rêvais d'une loutre jonglant avec des pneus enflammés, j'ai reçu un appel de Steeve. Il venait de passer chez Robert pour voir comment il allait. Il l'a trouvé enfermé dans un placard, celui-la même où le zombie se trouvait la première fois que je lui ai parlé. Robert ne voulait plus en sortir. Il disait se détester, qu'il avait honte de lui, qu'il était un animal comme ses parents et ses sœurs. Steeve a tout essayé pour lui faire ouvrir la porte, en vain. Néanmoins le zombie lui a confié qu'il mangeait quotidiennement (les cerveaux de mouton apportés dans un seau par le vampire). Il ne voulait pas que la faim lui fasse de nouveau "péter un plomb". Au ton de sa voix Steeve me paraissait désemparé. Il me demandait conseil.
Que pouvais-je dire? Qu'aurais-je du faire? Je restais silencieux au téléphone. Je n'avais aucune envie de réfléchir au cas Robert. Je ne voulais pas l'aider. Je voulais que lui et sa famille sortent de ma vie. J'en avais plus rien à foutre. Steeve ne pouvait pas comprendre cela du haut de sa position de buveur de sang. Il ne risquait rien lui et ne se serait jamais fait courser par Robert dans ce souterrain. Quand bien même ce dernier se serait montré agressif envers lui il l'aurait esquivé avec facilité et certainement mis K.O sans problème. Cet épisode m'avait montré à quel point j'étais faible sans Florine et combien ce monde étrange m'était hostile. La nuit qui a suivi mon sauvetage par Steeve je me suis senti merdique.
Que pouvais-je faire? Rien. C'était décidé : je ne ferais rien. J'ai dit à Steeve que ce n'était plus mon affaire. Ne pouvant pas croire ce que j'étais en train de dire il m'a fait répéter mes paroles.

"Ce n'est plus mon problème Steeve!"

Le vampire m'a demandé de prendre du temps pour réfléchir. Selon lui Robert devait parler avec quelqu'un de qualifié. Je m'en foutais. De mon point de vue un mortel n'avait pas à fréquenter un zombie. C'était trop dangereux et ce depuis le début. Je l'avais dit à Florine à l'époque mais elle avait réussi à me convaincre du contraire. Je n'avais pas les épaules pour ça. Alors Robert pouvait bien rester enfermé dans son putain de placard et y crever.

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