lundi 31 mars 2014

Résumé des épisodes précédents - 3

(1-19)
Alors qu'il mange un délicieux sandwich poulet mayonnaise sur un banc du cimetière du Père Lachaise Mehdi, psychologue trentenaire, est abordé par Florine. Sous ses allures d'adolescente gothique elle se révèle être une vampire de cent trente six ans. Énergique mais névrosée elle devient la première patiente mort vivante de Mehdi. Sa vie de vampire a commencé suite à un viol au XIXème siècle. Depuis elle bouillonne de colère qu'elle cherche à canaliser. La jeune vampirette s'installe petit à petit dans la vie du psychologue jusqu'à lui proposer de l'aider à se créer une clientèle composée de créatures de la nuit et décide de jouer sa secrétaire. Mehdi réticent au début finit par y voir une occasion unique de donner un nouveau sens à son existence. Il est renommé "Psyman" par la vampire. Il rencontre les colocataires aussi bizarres qu'inquiétants de Florine. Il est ensuite présenté à Robert, zombie de son état. Après s'être fait coursé par une famille de morts vivants dans un local EDF c'est à travers une porte qu'il mène son premier entretien avec lui. C'est un être mal dans sa peau en putréfaction qui se livre à lui et qui lui fait part de son refus de cette vie de zombie commencée par un tragique accident de voiture. La même soirée Mehdi découvre l'Antre, un bar des Halles fréquenté par des vampires. Il y rencontre par la même occasion Vladimir, vampire agressif qui a des vues sur Florine. Ce dernier se fait humilier dans un défi karaoké par David, un nain chanteur fan de Depeche Mode. Après cette soirée mouvementée au bar Florine et Mehdi manquent de se faire écraser par Jeanne, une gargouille suicidaire, sur le parvis de Notre Dame.

(21-39)
Robert veut voir les étoiles? Qu'à cela ne tienne. Mehdi et la troupe des vampires colocataires emmènent le zombie pique niquer de nuit sur les hauteurs de Meudon. Le mort vivant se lie d'amitié avec Steeve, l'un des coloc, qui lui apprend la guitare. Mais l'apparition d'un loup garou schizophrène, Sacha, sensible aux ondes électromagnétiques va semer le trouble et l'inquiétude parmi les vampires. Si Mehdi y voit un être en souffrance, Florine perçoit dans le lycanthrope une menace pour sa race. A tel point qu'elle le séquestre dans son bunker antiondes. L'intervention du psychologue est nécessaire pour que la situation ne tourne pas au massacre. Afin de proposer autre chose que des entretiens ponctuels à ses patients de la nuit Mehdi évoque avec la petite vampire l'idée de la création d'une structure type CATTP où pourraient s'y retrouver vampires et autres gargouilles en difficulté psychique. Malgré l'émoi provoqué par le loup garou Florine accepte d'aider le psychologue à défendre le projet auprès du Conseil Vampirique. Seule instance capable d'agir en de telles circonstances. C'est au cœur du quartier latin que se cache le Conseil. Mehdi y rencontre Ricky Woodford, spécialiste de l'administratif vampirique. Cet étrange personnage au nœud papillon lui prodigue alors de bons conseils.

(41-59)
Contre toute attente, et ce après un grand oral impressionnant, le projet de lieu d'accueil pour créatures de la nuit est accepté par le Conseil Vampirique.  Florine s'empresse de le nommer à sa guise : Centre 666. La vampire debriefe son psychologue autour d'un verre dans l'Antre avant de balancer Rita, une vampire un peu bitch, par dessus la rambarde de la mezzanine. Un incident qui remue tout le monde, surtout Florine qui prétextera un mot de trop pour justifier un tel acte. Même troublée elle se lance dans une enquête secrète : savoir si Jeanne la gargouille ne raconte pas de pipeaux. Les talents d’enquêtrice de la vampirette pousse Mehdi à lui parler d'un de ses grands amours perdus : Alix. Jeune et jolie blonde partie pour le mystérieux Teddyland. Le Centre 666 est inauguré dans le Marais. Après plusieurs heures de ménage il devient un lieu tout à fait accueillant. C'est là que Florine, Mehdi, Steeve, Oliver, Jeanne, Ricky, Robert et Sacha fêtent le nouvel an. Malheureusement après les feux d'artifice et les bises marquant le passage à la nouvelle année Robert tombe du toit, involontairement poussé par Florine. Tensions et réconciliations s'en suivent. Mehdi et sa patiente vampirique s'échangent des cadeaux. Un téléphone portable d'un autre âge pour Mehdi et un sac tête de mort pour Florine. Cette dernière, au carnet d'adresses bien rempli, emmène le psychologue à Saint Germain en Laye rencontrer les frères Bernart, tout trois fantômes de leur état. Le plus jeune, Mahaleo, est un spectre pyromane et phobique. Une nouvelle mission pour Psyman.

samedi 29 mars 2014

59-Avant de prendre le train



"J'ai pu établir un premier contact. Ils ont l'air coopératifs. Il y a des raisons d'espérer. Sérieux Psyman, tu m'as tuée quand tu leur as sorti ça!
-Attention, t'as du sang qui coule sur le menton.
-Ah ouais, excuse."
Florine a essuyé la traînée de sang partant de sa bouche jusqu'au bas de son visage avec l'index. Doigt qu'elle a sucé ensuite pour récupérer l'hémoglobine.
"C'est assez vrai ce que j'ai dit au couple non? ai-je demandé à la vampire
-Dans le fond oui. Mais le ton était tellement surjoué qu'on se serait cru dans Poltergeist 2."
Mon assistante immortelle ponctuait chacune de ses phrases par une gorgée de sang en bouteille. Son grand chapeau était posé tout à droite du banc. Nous étions assis dans un petit parc ouvert, non loin de la gare. A une cinquantaine de mètres de nous un homme promenait son chien, affrontant la fraîcheur de cette nuit de janvier.
"Je pense à tous ces films où il suffit d'enterrer les os des défunts à la bonne place pour faire disparaître les fantômes.
-Tu sais, ils sont enterrés dans le cimetière de la ville. C'est le bon endroit je pense, non? m'a demandé Florine.
-Le cimetière qui est par là? ai-je dit en pointant le doigt vers l'est.
-Oui, celui la, tu le connais?
-Euh...on ira y faire un tour...tu veux?
-Oui, si tu veux. T'as l'air bizarre Mehdi. Ça va?
-Oui oui. Je réfléchis trop, tu sais les psychologues...on est comme ça.
-Si ça va, tout va."
Et elle a porté le goulot de sa bouteille à la bouche et a avalé une nouvelle gorgée.
"Ton idée c'est d'exhumer le corps des trois frères?
-Tu m'as pris pour toi ou quoi? Non Florine, mon idée n'est pas de faire en sorte que les fantômes reposent en paix. Je ne sais pas comment on fait de toute façon. Je pensais à un truc plus fun. Quelque chose qui remettrait un peu de cohésion au sein de la fratrie. Genre faire de Mahaleo un fantôme terrifiant. Qu'il prenne du plaisir à chasser les mortels de sa demeure.
-Ouah, tu surpasses ma perversité légendaire sur ce coup Psyman. Chapeau! m'a t-elle lancé en levant son grand chapeau rond.
-C'est la face cachée des psychologues ma p'tite. Bon, finis ta boisson dégueux, faut qu'on choppe le train."
Le train approchait de la gare. Florine a terminé sa bouteille avant de la mettre dans son sac et, chapeau en main, a sauté par dessus la banc en tenant sa robe et a foncé tout droit. Elle m'ordonnait de me "grouiller". Je marchais rapidement. Pas de quoi courir. Je connaissais le rythme de mes pas et je savais que j'aurais le train fingers in the nose. Avant de franchir le portique de la gare je me suis retourné. J'ai regardé l'homme avec son chien. La nostalgie d'un lieu connu, de rires, de larmes. Le souvenir d'une crêperie à deux rues d'ici. Les images du cimetière...

vendredi 28 mars 2014

Patient : Mahaleo. Entretien : 1




Je m'adresse à la chaise face à moi mais c'est Florine qui me rapporte les propos du fantôme.

Mahaleo dit avoir toujours été très timide. A l'école les professeurs lui disaient qu'il fallait faire des efforts. Prendre la parole devant la classe n'était pas possible. Il dit que même parler devant moi c'est dur. Dit que Florine l'a convaincu que ça pouvait l'aider. Il dit que vu que je ne peux pas le voir ça le gène un peu moins. Il dit qu'il en a marre que ses frères le tannent parce qu'il a peur des locataires de la maison. Il a peur des mortels. Il dit que ces derniers sont agressifs, parfois ils débarquent dans le grenier armés d'un balais. Ça lui fait peur. Il dit que ses frères font tout pour les chasser. Ils ont même renversé un meuble sur les précédents proprios. Lui se cache dès que ses frères se mettent en action. Ses frères ne supportent plus ça. Ils disent que c'est leur maison et qu'il faut que lui aussi en prenne conscience. Ils ne peuvent pas être vus mais peuvent renverser des choses, provoquer d'énormes courants d'air. Les nouveaux locataires sont là depuis quelques semaines et sont déjà à cran. La femme évoque l'idée de partir, ce qui ravit ses frères. Mais cela augmente aussi l'énervement du couple. Ce qui est craint par Mahaleo. Ses frères veulent qu'il change. Je lui demande ce qu'il veut lui. Il dit qu'il aimerait être plus courageux. Qu'il aimerait faire plaisir à ses frères, ne pas se sentir rejeter. Mais qu'il n'est pas forcément fait pour faire peur aux gens. Je lui demande comment la maison a pris feu. Il dit que c'était en 1991. Lui et ses frères, jeunes adultes, s'amusaient dans le grenier avec de petits pétards. Les parents n'étaient pas là. Ils faisaient des feux de Bengale. Mahaleo a été mis au défi de tenir un feu de Bengale avec ses doigts. Il l'a fait mais de peur de se brûler l'a jeté sur un tas de vieux journaux posés sur le plancher du grenier. Le feu a pris très rapidement. Tout était en bois et il y avait des liquides inflammables. Ils n'ont pas pu maîtriser les flammes. Et ils sont morts. Il dit se rappeler de la fumée, de la chaleur. Ils n'arrivaient pas à atteindre la trappe à cause des flammes. Après ça il dit que c'est flou. Qu'il y a eu du tout blanc, du tout jaune et du tout lumineux (je soupçonne Florine d'en rajouter). Puis il était dans la cave, avec ses frères. Ils se sont vite aperçu que quelque chose clochait. Ils pouvaient traverser les portes. Il dit qu'il a refusé l'évidence. Il se recroquevillait dans un coin de la cave. Il dit qu'il savait ce qu'il était devenu. Ses frères avaient la rage. Ils disaient qu'ils étaient chez eux. Que c'était leur territoire. Lui, même s'il se sentait plus en colère que d'habitude, voulait plus se cacher qu'affronter le monde. Lorsqu'ils ont monté l'escalier de la cave et franchi la porte ils sont tombés nez à nez avec des ouvriers qui faisaient des travaux chez eux. Ils ont tenté d'interroger les personnes présentes dans la pièce mais personne ne répondait. Ils ont arpenté toute la maison, parfois en traversant les murs. Les ouvriers ne les voyaient pas. Tout juste levaient ils la tête quand, sur leur passage, la fratrie de fantômes faisait voler des feuilles de papier. Ils sont allés au grenier. Il y avait des bâches partout. Ses deux frères ont éclaté de colère. Ils ont fait s'arracher les bâches, découvrant les murs encore noircis de suie. Lui avait peur. Il dit que c'est à ce moment, de façon totalement folle, que ses frères ont voulu faire partir tous les étrangers de la maison. Mais le temps qu'ils comprennent l’étendue de leur pouvoir de nuisance et qu'ils en apprennent les limites (par exemple il leur était impossible de sortir de la maison, une barrière invisible les bloquant) les ouvriers avaient terminé le chantier. Non sans peur et questionnements malgré tout. Je lui demande ce qu'il en était des parents. C'est par Florine qu'ils ont appris que leurs parents étaient définitivement partis de Saint Germain en Laye peu de temps après le drame. Ce qui a augmenté la colère de Benja et Solofo. Lorsque la vieille dame a emménagé les deux frères ont tout fait pour la faire partir, la chasser de leur territoire. De chez eux. Ils poussaient Mahaleo à agir. Sauf que lui restait dans le grenier. Grenier qui était devenu leur lieu de vie. Mahaleo dit qu'ils se sentaient tout trois attirés par cette pièce. Peut être parce qu'ils y étaient morts. Le fantôme traînait la culpabilité d'avoir mis le feu à la maison. D'avoir causé leur mort. D'avoir fait fuir les parents. Et son impossibilité à effrayer les intrus faisaient encore plus bouillonner ses frères. Il dit qu'il observe ses frères quand ils font des coups. Il se cache presque. Et quand un mortel monte au grenier il panique. Il dit qu'il n'a jamais voulu que la vieille locataire se fasse écraser par le meuble. Mais que d'un autre côté il avait ressenti un soulagement. Le soulagement d'être seuls avec ses frères dans une maison qui leur appartenait à nouveau et ce pendant plusieurs années, la maison étant devenue invendable. Il parle de leur rencontre avec Florine (là c'est elle qui me donne sa version des faits...je pense). Elle s'est introduite un jour par la petite fenêtre du grenier qui était restée ouverte. Elle avait entendu parler de la rumeur des "fantômes du grenier". Des fantômes qui avaient dézingué une petite vieille. Elle voulait vérifier par elle-même. Et la première rencontre a été plus effrayante pour eux que pour elle. Ils n'ont pas compris comment elle pouvait les voir et se sont cachés avant de s'apprivoiser mutuellement. Elle me dit qu'elle pensait que je pourrais les voir parce que j'étais en contact avec des créatures de la nuit mais qu'apparemment...non (dit-elle déçue).

dimanche 16 mars 2014

57-Trois chaises vides



Trois chaises vides. Tu parles d'un cadeau d'anniversaire. J'étais assis sur un tabouret face à elles. Sur ma gauche Florine s'était installée à même le sol poussiéreux du grenier. La vampire avait beau insister non et re-non je ne voyais pas les fantômes. Il n'y avait personne d'autre qu'elle et moi dans cette foutue pièce.
"Concentre toi, je suis sûre que tu vas les voir, me relançait-elle
-Mais flûte alors! je te dis que je vois que dalle!"
Le couple, nouveau propriétaire de la maison, se tenait à l'extérieur du grenier. Sûrement l'oreille collée à la trappe puisque devant mon haussement de ton le mari a demandé si "tout allait bien" d'une voix lointaine. 
"Oui ne vous inquiétiez pas, nous gérons la situation!" lui ai-je rétorqué sans conviction.
Florine nous avait fait passer pour des chasseurs de fantômes. Des spécialistes de l'occulte. Elle avait voulu que nous nous déguisions. J'avais juste accepté de porter un long manteau noir de cowboy qu'elle m'avait amené. Elle, elle avait abusé sur les bijoux. Elle scintillait de boucles d'oreilles, de bagues et de faux piercings. Elle arborait également un maquillage outrancier qui lui donnait un air de prostituée roumaine. Je lui avais fait la morale mais elle s'en fichait. Elle portait un grand chapeau rond noir, une longue robe de satin violet et un blouson de cuir style biker. Son sac tête de mort dessous.  Dans le train de banlieue qui nous avait amené jusqu'à Saint Germain en Laye elle n'était pas passée inaperçue. Les habitants de la maison étaient tellement flippés par les "esprits" vivants sous leur toit qu'ils nous avaient fait entrer sans rechigner. "C'est au grenier que ça se passe" leur avait rapidement déclaré Florine en se posant les index sur les tempes comme frappée par une révélation télékinésique soudaine. Elle y a fait monter trois chaises et a débusqué un vieux tabouret dans un coin. Quand elle a commencé à appeler les fantômes (les "mecs" selon son vocabulaire) j'ai prestement demandé au couple de rester dehors, en bas de l'échelle menant au grenier. La situation devenait aussi bizarre que gênante. J'étais assis sur le tabouret. Et quand Florine a commencé à parler toute seule, s'adressant au vide, c'est devenu vraiment très très gênant. Elle m'a présenté aux fantômes. Enfin, aux chaises.
"Je te présente les frères Bernart avec un t hein pas un d. Voici à ma gauche Benja, là c'est Solofo et celui qui tente déjà de s'enfuir en traversant le mur c'est Mahaleo. Oui on te voit hein Mahaleo, disait Florine le regard tourné vers le fond de la pièce, agitant le doigt pour signifier un mécontentement amusé.
-Je vois personne Florine.
-Bah...tu me charries...ils sont là, LÀ!"
La vampire avait beau me faire les gros yeux je ne voyais rien, le néant. Juste le mur du grenier. Les bibelots, les cartons, la poussière.
"Ça doit être ton côté mortel. Ça parasite tout. Concentre toi!
-Je me concentre je ne vois rien. Je vois les chaises, je te vois. Mais je ne vois pas les Benjo et Malo.
-Benja et Mahaleo. Ce sont des prénoms malgaches. Leur mère est malgache.
-Oui ok, Benja et Mahaleo.
-Allez, réessaie, regarde en direction des chaises!"
Agacée Florine s'était assise parterre. M'incitant à me "concentrer". Je me tenais le visage. C'était ridicule.
"Tu sais, ils commencent à se demander ce que tu fiches, a relancé la vampirette.
-Quoi, ils te parlent là?
-Bah oui. Ils me demandent ce que tu fais. A quoi tu joues.
-Je joue à rien du tout, il n'y a personne face à moi!
-Hey, c'est pas à moi qu'il faut le dire mais à eux directement!
-Tu rigoles, je ne vais pas m'adresser à des chaises."
D'un coup la chaise la plus à gauche s'est autoprojetée sur le mur. Je me suis levé du tabouret, apeuré.
"Du calme Benja! Mais non il ne vous compare pas à des chaises. Quoi? Raciste? Mais non il n'est pas raciste! C'est ridicule! Il ne vous voit pas!
-Oh oh, il se passe quoi là Florine? lui ai-je demandé me tenant debout tremblotant derrière mon tabouret.
-Nan c'est rien. Benja pensait que tu les comparais à des meubles, parce qu'ils sont métisses. Que c'étaient des propos racistes.
-Mais c'est ridicule!"
Au son de mes cris la trappe s'est légèrement levée. Le mari a passé les yeux pour demander à nouveau si tout allait bien, si les fantômes étaient là. Je me suis précipité vers lui et je me suis mis à genoux pour être à sa hauteur.
"Tout...tout va bien. Vous savez les premiers contacts sont toujours difficiles. Redescendez s'il vous plait."
J'appuyais la trappe sur sa tête. Son visage disparaissais à mesure que la petite porte se rabattait et le son de sa voix s'étouffait.
"Bon, ok, tu ne les vois pas. Moi je les vois. Du coup je vais te servir d'interprète. Je te rapporterai leurs propos. Toi, en revanche, il faut que tu t'adresses...bah...aux chaises. Ouais je sais ça parait farfelu mais C'EST COMME ÇA! 
-Décidément avec toi c'est un festival de situations bizarres. J'avais raison de ne pas croire aux fantômes...
-Hey! ne les offusque pas! m'a repris la vampire.
-Désolé. Mais si j'ai bien compris je suis là pour Mahaleo non?
-Oui c'est bien ça, c'est lui qui a mis le feu ici il y a plus de vingt ans, m'a dit Florine en mettant la main sur le côté de sa bouche pour que les fantômes ne perçoivent pas ses propos.
-Ok. Donc je veux que seul Mahaleo reste dans la pièce avec nous. C'est lui que je veux entendre...enfin dont je veux que tu me rapportes les propos."
A peine avais-je fini ma phrase que la chaise de droite est tombée toute seule au sol.
"Bon, ça ne les enchante pas mais ses frères sont d'accord pour aller faire un tour pendant que tu parles à Mahaleo.
-Et ils font toujours tomber des chaises quand ils sont contrariés?
-Estimes toi heureux, ils ont renversé un vaisselier breton en chênes massif sur l'ancienne propriétaire de quatre vingt deux ans."
J'ai rapidement regardé autour de moi. Pas d'objet imposant à l'horizon. Aucune chance de mort par meuble due à un poltergeist. Je me suis penché en avant, les mains jointes et j'ai regardé la chaise du milieu.
"Bon, Mahaleo, si nous faisions connaissance?"