dimanche 7 juillet 2013

Patient : Florine. Entretien : 5


Je revois Florine dix jours après le pique nique. Elle n'est pas venue au rendez vous prévu la semaine dernière. L'apparition du loup garou l'a perturbé. Elle s’assoit recroquevillée sur le fauteuil, genoux entre les bras. "Loup garou et vampire ça ne fait pas bon ménage" dit-elle en début d'entretien. Elle dit qu'elle en a vu un une fois en Roumanie. Dans les années 50. Elle était hébergée par une bande de vampires locaux. "Des mecs tristes comme des menhirs". C'était dans une maison de campagne. Perdue au milieu d'une plaine venteuse. Elle dit qu'elle se rappelle les rafales de vent en pleine nuit. Le lendemain de son arrivée ils ont dit qu'ils voulaient lui montrer quelque chose "d'exceptionnel". Ils l'ont conduite dans une grande cave sous la maison. Là était enfermé un homme nu dans une grande cage. Il parlait en croate selon elle mais elle n'est pas sûre. Elle se rappelle la détresse du prisonnier. Il lui tendait ses bras sales à travers le barreaux, suppliant. D'un coup il s'est transformé. "Comme dans ce clip de Michael Jackson". C'était un loup garou. Elle se rappelle de la rage de l'homme animal à sa vue. Grognant, hurlant, griffant l'air. Les hôtes s'en amusaient. Elle dit que pour la première fois depuis longtemps elle était terrifiée. Qu'elle avait compris que les loups garous pouvaient être une vraie menace pour elle et ses congénères. C'est d'ailleurs ce que tous les vampires depuis lui ont confirmé. Elle sait que les loups garous sont rares aujourd'hui, surtout en Europe de l'ouest. Mais que c'est une "menace". Elle dit qu'elle ne sera pas tranquille tant qu'elle n'en saura pas plus sur Sacha, le promeneur de Meudon. Elle dit que c'est aussi ça être utile pour les autres. Que sa rage intérieure peut aussi servir à protéger ceux auxquels elle tient. "Comme de l'essence pour un moteur".
Le reste de l'entretien elle mène une enquête à voix haute au sujet du loup garou. "Il était en Hongrie...et cette histoire d'ondes...il vient de Paris..." Elle dit qu'elle veut lui "mettre le grappin dessus". Je lui explique qu'elle doit faire attention, que Sacha n'avait pas l'air dangereux mais plutôt légèrement "dérangé". "C'est peut être une stratégie" dit-elle.
Ses propos sont un mélange d'énervement, d'inquiétude et de questionnements. Je lui dis que ce qui en tout cas sûr c'est qu'il faut qu'on en sache plus sur lui. Je lui propose qu'on s'occupe de  ça ensemble. Elle accepte mais sans grand enthousiasme. Ce qui est surprenant elle qui d'habitude est une vraie pile électrique en entretien. On se quitte sans qu'elle m'ait appelé "Psyman". 

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