mercredi 8 mai 2013

19-The longest night - 5



Comme prévu nous sommes rentrés en taxi. J'ai fait déposer Florine à Montmartre. Nous sommes sortis de la voiture, j'ai dit au chauffeur d'attendre.
"Je crois que c'est la nuit la plus étrange et la plus remplie de ma vie. Une famille de zombies qui tente de me tuer, un mort vivant dans un placard, un bar rempli de vampires et pas que des sympas, un cocktail à base de sang, un nain fan de Depeche Mode et une gargouille dépressive qui manque de nous écraser. Rien que d'y penser j'ai envie de m’effondrer de fatigue sur le sol. 
-Et crois moi ça aurait pu être bien pire, m'a répondu Florine avec un sourire tout en canines. Mais pour être honnête il s'est passé pas mal d'imprévus ce soir. C'est ça de sortir avec moi, on risque à tout moment de mourir écrabouillé"
La vampirette semblait être encore en grande forme. Elle s'était appuyée contre un mur qui faisait un angle avec un autre pan de mur qui suivait une ruelle qui menait à sa maison. Je ne distinguais aucune trace de fatigue sur son visage si ce n'est les petites marques cadavériques dues à sa condition de mort vivante. Moi je me m'étirais et baillais. Florine a sorti son carnet de rendez vous de sa poche et l'a agité devant elle.
"La semaine prochaine va être une grosse semaine. Robert, Jeanne et moi. Tu dois tous nous aider. 
-Toi? Ah oui c'est vrai, tu es encore ma patiente même si j'en doute de plus en plus.
-Tu rigoles je suis totalement névrosée!" dit-elle en faisant trembler son corps comme les hystériques de la grande époque de Charcot.
Pour une raison qui m'échappait elle mimait un zombie en tournant sur elle-même. 
"Tu vois je vais mal! j'ai encore besoin d'un psy. J'ai des tas de choses à dire. Je remonte la pente mais c'est pas encore ça Psyman."
Je ne savais pas si Florine avait encore besoin d'un psy mais il m'apparaissait évident qu'elle se débrouillait vraiment bien quand il s'agissait de se mettre au service des autres. Elle y trouvait son compte. Décidément j'étais le meilleur psychologue du monde. J'ai dit à mon assistante que je devais rentrer. Elle semblait déçue. Elle a tenté de négocier quelques minutes supplémentaires de discussion, m'invitant même à prendre un café avec ses colocs. Elle m'aurait proposé de m'enfoncer une tige en métal dans l’œil que ça m'aurait fait le même effet. J'ai poliment refusé et j'ai rejoint le taxi. Je me suis assis. Florine m'a pointé du doigt.
"Et achète toi un portable nom de Dieu!"
J'ai acquiescé de la tête. J'ai claqué la portière et j'ai donné l'adresse au conducteur. J'ai posé ma tête sur le haut de la banquette. Par la fenêtre le Paris du cœur de la nuit défilait. Je regardais sans prêter attention à ce que je voyais. Cette capitale que je croyais connaître devenait de plus en plus mystérieuse pour moi. Les ombres que j’apercevais furtivement à travers le pare-brise pouvaient être autant d'êtres fantastiques. J'étais fatigué. Je somnolais. Cette nuit j'en avais vécu dix. Je n'arrivais plus à penser clairement. Les zombies, les vampires, les gargouilles. Tout ça en une seule nuit. Je me recroquevillais sur le côté, comme un enfant. J'étais confortablement installé. Le paysage ne devenait qu'une succession de lumières et de vagues formes. Mes yeux se fermaient. Je dormais.


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