lundi 1 avril 2013

11-"Psyman : psychologue pour zombies"


Les deux entretiens suivants avec Florine n'avaient pas grand chose du soutien psychologique. Elle n'a pas arrêté de me parler de notre future "collaboration". Si lors des deux premiers rendez vous je l'avais trouvé étonnamment sérieuse là je retrouvais la Florine enjouée voire euphorique que je connaissais. J'ai essayé de revenir avec elle sur la quasi mise à mort de l'homme à la pelle à tarte et de l'interroger sur les circonstances de survenue de tels accès de rage. Elle a tout esquivé. Visiblement elle avait bien d'autres choses en tête. Elle travaillait sur le moindre détail de ma future orientation. Elle avait commencé à parler de moi autour d'elle. Auprès des vampires mais aussi des autres créatures. Je n'osais pas trop lui demander qui ils étaient (ou ce qu'ils étaient). Je préférais ne pas me faire de mouron. La vampirette était même allée jusqu'à imprimer des cartes de visite. "Psyman : psychologue pour zombies". Je lui ai demandé pourquoi je serais un psychologue pour zombies alors que je n'en avais encore jamais rencontré. Elle m'a répondu que les zombies "c'était cool". Je ne voyais pas trop ce qu'il y avait de cool chez un mort vivant vous dévorant le cerveau. Lors du second entretien Florine a sorti de sa poche de grosses lunettes de vue noires sans verre. "Pour faire sérieux". Ça lui donnait un côté hipster énervant. Elle avait acheté un agenda pour noter les rendez vous. Elle m'a presque ordonné de m'acheter un portable pour rester joignable. Elle avait vraiment pensé à tout. C'était Hannibal Smith. Elle y mettait une grande énergie. Ce projet semblait devenir essentiel pour elle. Elle répétait que ça l'aiderait d'aider les gens. Que ça rendrait son immortalité utile. J'essayais de calmer ses ardeurs. Cette position de secrétaire ou d'intermédiaire ne résoudrait pas tout. Elle ne m'écoutait pas. Notre relation prenait une tournure étrange. Comment pourrait-elle être encore ma patiente si nous travaillions ensemble? Peut-être était on en train de mettre en place une nouvelle thérapeutique. Je me posais plus de questions que Florine. A la fin du deuxième entretien elle a tapoté sur une des premières pages de son carnet. 
"La semaine prochaine tu vois Robert. Tout est déjà arrangé.
-Robert?
-Oui, mon pote. Robert le zombie"
J'allais donc donner raison à ma carte de visite. Dans une semaine je rencontrerais ce que tout être sensé non armé d'un fusil doit redouter : un mort vivant.

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