mardi 9 avril 2013

13-La diplomatie du coup de pied retourné


Florine devrait travailler à l'ONU. Réussir à maîtriser quatre zombies surexcités serait une arme redoutable pour calmer les ardeurs atomiques de la Corée du Nord ou régler la crise en Syrie. Caché dans le bureau je n'en menais pas large. Armé d'une bouteille en verre j'attendais que le premier mort vivant passe la porte pour tenter de lui assener un coup létal (tuer un mort vivant étant en soi une absurdité). Depuis plusieurs minutes le calme semblait être revenu dans le souterrain. Et lorsque la porte s'est ouverte brusquement ce n'est pas le visage hideux d'une goule assoiffée de boyaux qui est apparue mais le large sourire tout en canines de Florine. La lumière du couloir m'aveuglait. 
"C'est bon, tout va bien. Ils ne te feront pas de mal" m'a annoncé triomphalement l'adolescente en débardeur. 
Le ton enjoué de sa voix était totalement discordant avec la situation que nous venions de vivre. A tel point que je me suis demandé si cette petite vampire n'était pas un peu schizophrène sur les bords. Alors que je me relevais Florine m'a expliqué qu'elle avait coincé la famille zombie dans le couloir avec une table en fer. Elle leur avait lentement expliqué qui j'étais. Que j'étais là pour aider Robert. Apparemment ça avait fait mouche. Ça et un violent coup de pied retourné qu'elle a du assener au père zombie qui l'a fait "voler". Rien ne vaut un bon vieux coup de pied circulaire dans les moments de tension.
"Allez viens, je te promets tout va bien se passer" a ajouté la vampirette. 
Mon cerveau hésitait entre peur et colère. Mais j'étais trop conscient de la précarité de ma situation pour me lancer dans un sermon ou fuir à grandes enjambées en direction de la porte de sortie. J'aurais provoqué trop d'énervement et d'excitation et au final mes boyaux auraient terminé dans l'estomac de maman zombie et sa petite famille. Suivant timidement Florine, son frêle corps me servant de bouclier, je rebroussais chemin. Au milieu du couloir j'ai remarqué sur le mur des traces de sang et de ce que je supposais être de la chair. "Coup de pied circulaire" m'a dit Florine en haussant fièrement  les sourcils. Nous sommes arrivés dans la salle principale où le peu de meubles était renversé. Les quatre morts vivants étaient dans le même coin qu'à notre arrivée. Ils ont levé la tête pour humer l'air. Ils ont senti mon odeur. Ils m'ont alors fixé de leurs orbites mortes. La vampire a pointé son doigt en direction de la famille.
"Attention vous! je vous ai à l’œil" leur a t-elle lancé en levant la jambe telle Bruce Lee.
Tandis que Florine faisait montre de sa souplesse à des zombies énervés je me dirigeais vers le placard de Robert. Je me suis assis parterre pour être au plus près possible de la grille d'aération de la porte. De ma position je surveillais la petite famille, dont les filles Jeanne et Marie ne pouvaient s'empêcher de lâcher sporadiquement des "cerveau" vite réprimés par mon assistante. J'ai tapé sur le bas de la porte en métal.
"Robert, Robert, vous êtes là?
-Arghhhhh oui. J'espereuh que vourallez bien, m'a répondu une voix difficilement compréhensible. Entre cancer de la trachée et mauvais réveil un lendemain de cuite.
-Oui, maintenant ça  peut aller. Grâce à la diplomatie d'une vampire."

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