vendredi 8 mars 2013

Patiente : Florine. Entretien 2


Florine arrive en me disant : "salut Psyman!" Ce qui semble définitivement être mon nom pour elle. Se précipite sur le fauteuil. Impatiente de parler avec moi. Je lui dis que j'aimerais revenir sur la violence dont elle me parlait la fois dernière. Je lui demande comment cette violence s'exprime. Elle dit qu'elle s'est beaucoup battue. Avec d'autres vampires surtout. Mais par le passé elle a tué pour se défouler. "L'occupation de Paris ça a été le top!" s'enthousiasme t-elle. Elle tuait des soldats allemands isolés dans les ruelles. Elle dit qu'elle se sentait bien après chaque mort. Mais que le lendemain elle retrouvait sa haine. Depuis plusieurs décennies elle ne tue plus. Mais il lui arrive encore de se battre. Même si la fréquence de ces combats a diminué avec le temps. "Ça devient difficile de foutre tranquillement une raclée à quelqu'un dans Paris maintenant". Elle se scarifie depuis plusieurs années. "Ça me soulage". Je souligne le contraste qui existe entre l'image qu'elle donne d'elle (relation avec moi, collocation) et cette personnalité violente qu'elle décrit. "Quand je suis bien avec quelqu'un je suis adorable". Sinon elle peut être terriblement froide. Elle a toujours besoin de s'énerver contre quelqu'un. Elle aimerait pouvoir "vider son sac" une bonne fois pour toute. "Comme Akira!" Elle mime une explosion nucléaire en se levant et en faisant un gros bruit sourd à la bouche. Elle dit qu'elle joue de la batterie. Qu'elle peut taper comme une dingue. Mais que ses collocs l'ont obligé à s'installer dans la cave. Du coup elle joue encore plus fort pour les charrier. Je lui dis que c'est une bonne idée : trouver des exutoires à sa violence. Elle dit que ce n'est pas suffisant. Je lui dis de trouver une occupation plus prenante en énergie. Une chose dans laquelle elle peut s'investir. Y mettre des forces. Mes propos la font réfléchir.
Je lui propose d'arrêter ici l'entretien. Je veux aborder la question de l'argent mais finalement je laisse tomber. Je ne la ferai pas payer.
Florine part en répétant "une chose dans laquelle je peux m'investir hein".

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